Le jeu de 2019 n’était qu’un tome. Patrice Désilets vient de le dire clairement : Ancestors: The Humankind Odyssey était pensé comme le premier volume d’une série, il en possède les droits, et il compte faire la suite.
Un premier tome de huit millions d’années
Ancestors, sorti en 2019, faisait jouer une lignée de primates sur des millions d’années, en Afrique, sans dialogue et sans didacticiel. Le jeu demandait au joueur trois choses qu’aucun autre ne demande :
Le jeu demandait au joueur trois choses qu’aucun autre ne demande : apprendre à tenir un bâton sans qu’aucun didacticiel ne l’explique, reconnaître une plante comestible d’une plante qui tue par l’essai, et transmettre ce savoir à sa descendance sous peine de le perdre.
C’était austère, souvent frustrant, et sans équivalent.
Ce que Patrice Désilets ajoute aujourd’hui éclaire ce que le jeu paraissait laisser en suspens. Il avait conçu plusieurs volumes, avec l’intention de développer le concept par étapes, et la fin abrupte du premier n’était pas une fin. Il détient la propriété intellectuelle, ce qui, pour un créateur passé chez Ubisoft, n’est pas un détail : c’est précisément ce qui lui manquait sur Assassin’s Creed.

Mais 1666 passe avant
La suite attendra, et Désilets le dit aussi. Son studio montréalais Panache Digital Games doit d’abord terminer 1666: Amsterdam, sorti en accès anticipé sur Steam le 25 août, pendant l’Opening Night Live de la gamescom. C’est le jeu qu’Ubisoft avait annulé et dont il a mis douze ans à récupérer les droits.
Les premiers retours sur cet accès anticipé sont d’ailleurs à l’image de sa production : ambitieux et inachevé, bogué par endroits, et déroutant. Pour un jeu vendu comme un travail en cours, ce n’est pas une condamnation, mais ça dit où va l’attention du studio pour les mois qui viennent.
Pourquoi cette suite compte plus qu’une suite ?
Parce qu’elle mesure quelque chose. Un créateur reconnu quitte un grand éditeur, monte un studio de taille moyenne, sort un jeu difficile qui ne rencontre pas son public, récupère au tribunal le projet qu’on lui avait pris, le sort douze ans plus tard en accès anticipé, et annonce encore vouloir faire la suite du premier. C’est un parcours qui n’a presque pas d’équivalent, et son issue dira ce qu’un auteur peut encore tenir tout seul dans cette industrie.
Rien n’est daté, aucun budget n’est annoncé, et il faut le prendre pour ce que c’est : une intention publique, formulée par quelqu’un qui a la propriété de son sujet et qui a déjà démontré qu’il attendait douze ans s’il fallait.
Une déclaration d’intention n’est pas une annonce, et celle-ci n’a ni date, ni éditeur, ni budget. Ce qui la rend crédible n’est pas le calendrier, c’est le titre de propriété : Désilets détient les droits d’Ancestors comme il a fini par récupérer ceux de 1666, et c’est la seule chose qui l’autorise à parler d’une suite plutôt qu’à en rêver. Reste que la suite dépend d’un accès anticipé qui doit d’abord trouver ses joueurs. Si 1666: Amsterdam sort de sa phase de test en bon état, le tome deux existera. Sinon il restera une phrase.




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