Yuji Horii sort un jeu fait à l’IA en 30 minutes

Le créateur de Dragon Quest a publié sur X un jeu d’interrogatoire textuel qu’il dit avoir fabriqué en une demi-heure avec une IA. Il y a 43 ans, il avait écrit, dessiné et programmé seul The Portopia Serial Murder Case.

Une rue de quartier japonais sous un ciel bleu, avec un homme en costume bleu et cravate rouge au premier plan.

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Yuji Horii a mis son jeu en ligne sur X, sans éditeur ni équipe. 30 minutes de travail, dit-il, pour un interrogatoire de police entièrement en texte.

Un suspect, un avocat qui arrive à 23 heures

Le joueur cuisine Komiya, 72 ans, ancien serrurier, soupçonné d’avoir forcé le coffre d’un prêteur sur gages. Il faut lui tirer des déclarations avant l’arrivée de son avocat, à 23 heures.

Le jeu tient dans du texte et quelques boutons. On lit, on choisit une question, on confronte une déclaration à une preuve.

Deux jauges règlent la scène. Plus l’agitation du suspect monte, plus il craque facilement. Si sa résistance atteint 100, il se tait définitivement.

Le dispositif est celui de l’aventure textuelle classique, réduit à une conversation sous contrainte de temps avec quelqu’un qui ment.

Horii a ajouté une consigne à son message : « n’appuyez pas sur le bouton boost ».

Un homme âgé en maillot de corps, assis derrière une table et une lampe d'interrogatoire, avec une réplique en japonais affichée en bas de l'écran.

Pourquoi raconter Portopia en même temps ?

Parce que c’est le même genre, et que lui-même fait le rapprochement. Il décrit sa méthode de 1983 pour The Portopia Serial Murder Case. « J’ai imaginé l’histoire moi-même, dessiné les images moi-même, fait la programmation moi-même, et créé le jeu entièrement seul. »

Portopia est l’un des textes fondateurs de l’aventure japonaise. Sorti en 1983 sur micro-ordinateur, il a appris à une génération de joueurs à interroger des personnages et à fouiller des décors.

Avec l’IA, dit-il, n’importe qui peut désormais fabriquer un jeu correct tout seul en donnant des instructions, même sans savoir dessiner ni programmer.

Chatty Slimey était déjà passé par là

Square Enix s’est associé à Google plus tôt cette année pour greffer à Dragon Quest X un agent conversationnel nommé Chatty Slimey, propulsé par Gemini.

Horii avait défendu ce choix dans un entretien à Famitsu, en expliquant que ce compagnon facilitait un premier contact avec l’IA pour les joueurs.

Depuis des mois, Yuji Horii s’exprime sur le sujet, et il le fait avec ses propres jeux plutôt qu’en conférence.

Deux femmes discutent devant un immeuble de quartier, un policier en uniforme au second plan.

Le vrai Portopia revient en 2027

Next: The Portopia Serial Murder Case a été annoncé en septembre pour 2027, sur Switch 2, Switch et PC. Il est développé par Room6 et G-MODE, et Horii y est associé.

Il travaille aussi sur Dragon Quest 12, toujours sans date. Ces deux chantiers se comptent en années, le jeu d’hier en minutes.

Les outils se multiplient

Unity vient de présenter Unity Spark, un outil de navigateur qui fabrique des jeux en trois dimensions à partir de consignes écrites. Sa bêta arrivera cette année sur Playground, chez Google.

Chaque mois apporte le sien, et tous promettent la même chose : produire sans savoir faire.

Une demi-heure, un suspect et deux jauges : c’est une démonstration, pas un jeu. Elle vient de l’homme qui a tout fait seul en 1983, ce qui lui donne plus de portée qu’un communiqué d’éditeur. Son vrai Portopia sort en 2027, et c’est sur celui-là qu’on le jugera.

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