Hotel Barcelona : le crossover fou de Suda51 et Swery à (re)découvrir

Il y a des jeux qui n’auraient sans doute jamais dû exister, et c’est précisément pour ça qu’on les aime. Hotel Barcelona est de ceux-là. Sorti fin septembre 2025 dans une relative discrétion, ce petit jeu d’action réunit deux des cerveaux les plus singuliers du jeu vidéo japonais autour d’un hommage aussi sanglant que joyeux…

Hotel Barcelona — key art officielle

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Bande-annonce

Il y a des jeux qui n’auraient sans doute jamais dû exister, et c’est précisément pour ça qu’on les aime. Hotel Barcelona est de ceux-là. Sorti fin septembre 2025 dans une relative discrétion, ce petit jeu d’action réunit deux des cerveaux les plus singuliers du jeu vidéo japonais autour d’un hommage aussi sanglant que joyeux au cinéma d’horreur des années 80. On a eu envie de vous le faire (re)découvrir.

Deux punks du jeu vidéo enfin réunis

Le simple casting derrière Hotel Barcelona suffit à faire lever un sourcil aux amateurs de jeux décalés. À la baguette, on trouve Goichi Suda, alias Suda51, fondateur de Grasshopper Manufacture et père des cultissimes No More Heroes, Killer7 et Lollipop Chainsaw. À ses côtés, Hidetaka Suehiro, alias Swery, patron de White Owls et créateur de l’inclassable Deadly Premonition. Deux auteurs à la réputation d’ovnis, deux styles habités par le bizarre, l’humour noir et une liberté de ton devenue rare. Les voir unir leurs univers, c’est un peu le crossover dont on n’osait plus rêver.

Suda51 et Hidetaka Suehiro (Swery), les deux créateurs de Hotel Barcelona
Suda51 (à gauche) et Hidetaka « Swery » Suehiro, les deux auteurs de Hotel Barcelona. Photos Daniel C. Griliopoulos et V. Diamante, recadrées · CC BY 2.0.

Un hommage assumé au slasher VHS

Le pitch ne cache rien de son amour pour la série B. Hotel Barcelona est un jeu d’action en 2.5D à défilement horizontal, dans lequel on affronte une galerie de tueurs en série directement inspirés des grands méchants de l’horreur américaine des années 80 et 90, ceux qui hantaient les cassettes VHS. Le décor, un hôtel transformé en abattoir sur fond de colonie de vacances américaine, respire cette esthétique slasher, croisée avec une patte graphique très anime. C’est gore, c’est bourré de références, et ça ne se prend jamais tout à fait au sérieux.

Hotel Barcelona : combat de boss contre JACOB, tueur en série inspiré du slasher américain
L’un des tueurs en série de l’hôtel, tout droit sorti de l’imaginaire slasher des années 80.

Vos morts se battent à vos côtés

Au-delà de l’hommage, Hotel Barcelona a une vraie idée de game design. Le jeu repose sur une boucle temporelle et une structure roguelite : à chaque tentative ratée, votre mort laisse derrière elle un fantôme, un écho spectral de la partie précédente qui rejoue vos gestes et combat à vos côtés lors des essais suivants. Autrement dit, chacune de vos morts devient une alliée pour la prochaine, transformant l’échec en avantage tactique. On peut y jouer en solo ou en coopération en ligne jusqu’à quatre, pour nettoyer ensemble les étages de l’hôtel.

Hotel Barcelona : en combat, les fantômes de nos parties précédentes (en vert) se battent à nos côtés
En vert, les fantômes de vos runs précédentes : chaque mort devient une alliée.

Pour qui, et sur quoi ?

Soyons clairs : Hotel Barcelona ne cherche pas à plaire à tout le monde. C’est un jeu d’auteur, à petit budget, au ton volontairement outrancier, qui parlera d’abord aux amateurs de propositions singulières et aux nostalgiques du slasher. Si vous avez aimé la folie d’un No More Heroes ou l’étrangeté d’un Deadly Premonition, vous êtes exactement la cible. Le titre est disponible sur PC (Steam), PS5, Xbox Series et Nintendo Switch, à un prix d’ami. Il a même eu droit à une extension, Late Check-Out, en avril 2026, signe qu’il a trouvé son public.

Hotel Barcelona ne révolutionne rien et ne prétend surtout pas le faire. Mais dans une année où l’industrie a tremblé sous les plans sociaux et les budgets démesurés, ce petit jeu fauché, drôle et sincère fait un bien fou. C’est une lettre d’amour à toute une culture, portée par deux auteurs qui n’ont jamais renié leur liberté. On ne peut pas vous garantir que vous allez l’adorer, mais on peut vous promettre une chose : vous n’avez jamais rien joué de tout à fait pareil. Et par les temps qui courent, ça vaut de l’or.

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