No Man’s Sky a dix ans, et c’est l’anniversaire le plus improbable de la décennie. Le jeu de Hello Games est sorti le 9 août 2016 sur PlayStation 4 en Amérique du Nord, le 10 en Europe, puis le 12 sur ordinateur. Son lancement reste dans les mémoires comme l’une des plus grandes déceptions du médium. Dix ans plus tard, il n’a jamais compté autant de joueurs.

Dix ans de No Man’s Sky, quarante mises à jour gratuites
Le chiffre mérite qu’on s’y arrête. En dix ans, le studio a livré une quarantaine de mises à jour majeures. Aucune n’a été facturée. Pas une extension payante, pas un abonnement, pas une boutique de contenus.
La liste de ce qui a été ajouté donne le vertige. La construction de bases, les véhicules terrestres, les mechas, les animaux de compagnie, les vaisseaux vivants, les expéditions saisonnières. Et à plusieurs reprises, une reconstruction complète de l’univers du jeu. Le titre a par ailleurs été porté sur PlayStation VR, puis sur PlayStation 5 et PS VR2.
Autrement dit, les gens qui ont acheté le jeu en 2016 et qui s’y sont sentis floués possèdent aujourd’hui un jeu qui n’a plus grand-chose à voir avec celui qu’ils ont critiqué. Ils n’ont pourtant pas payé un euro de plus. C’est un cas d’école, et il reste étrangement isolé dans l’industrie.
Plus de nouveaux joueurs qu’au lancement
Voici la statistique qui résume tout. Selon Hello Games, l’année écoulée a amené davantage de nouveaux joueurs que le lancement lui-même. Pour un jeu de 2016, c’est proprement anormal. Les courbes de fréquentation font d’habitude l’inverse.
Le studio parle en outre de dizaines de millions de voyageurs depuis la sortie, et de centaines de millions d’heures passées à explorer puis à partager des découvertes. Ces ordres de grandeur restent vagues, comme souvent dans ce genre de communication. La tendance, elle, ne fait aucun doute.

Moins de 1 % des planètes ont été visitées
Sean Murray, fondateur du studio, a livré un autre chiffre qui donne la mesure du jeu. Malgré ces dizaines de millions de joueurs et ces centaines de millions d’heures, moins de 1 % des planètes ont été explorées.
La statistique est vertigineuse, mais elle mérite une nuance. L’univers de No Man’s Sky étant généré par algorithme, il compte plus de dix-huit milliards de milliards de planètes. Autrement dit, ce pourcentage serait resté minuscule quoi qu’il arrive. Il dit surtout ce qu’est ce jeu : une promesse d’infini que personne ne pourra jamais épuiser.
Cosmos, la prochaine mise à jour
Le studio n’en a pas fini pour autant. Dans une lettre ouverte à sa communauté, Sean Murray annonce que la prochaine mise à jour s’appellera Cosmos. Ni date, ni contenu, ni le moindre détail. Juste un nom, et la confirmation que l’équipe travaille encore.
Cette discrétion est d’ailleurs devenue la méthode maison. Hello Games annonce peu, publie sans prévenir, et laisse les joueurs découvrir. C’est l’exact opposé de la promotion de 2016, où le studio avait décrit un jeu que la sortie n’a pas tenu. La leçon a visiblement été retenue.
Notons enfin que tout ceci se fait en parallèle d’un autre chantier. Le studio développe Light No Fire, un jeu d’aventure sur une planète entière, annoncé fin 2023 et toujours sans date.

Dix ans après un lancement raté au point de devenir un cas d’école, No Man’s Sky compte plus de nouveaux venus que le jour de sa sortie, et son studio n’a jamais vendu une seule extension. Il faut mesurer ce que cela représente : une quarantaine de mises à jour gratuites, un univers reconstruit plusieurs fois, et une équipe qui a préféré réparer pendant dix ans plutôt que passer à autre chose. Hello Games a compris depuis longtemps qu’il valait mieux livrer que promettre.




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