The Sinking City 2 sort le 18 août, et son studio revient de loin

Le premier épisode a disparu des boutiques pendant un conflit d’édition. La suite est autoéditée, financée par ses joueurs, et change de genre. Ce que l’on sait avant le 18 août.

Un homme au chapeau mou pilote une barque a moteur dans une rue americaine des annees 1920 entierement inondee, devanture de drugstore et voitures submergees

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The Sinking City 2 sort le 18 août sur PC, PS5 et Xbox Series. C’est une suite ordinaire en apparence. Elle ne l’est pas, car son prédécesseur a passé des années au tribunal, et parce que son studio travaille à Kyiv depuis le début de l’invasion russe. Nous n’y avons pas joué : voici ce que l’on sait avant sa sortie.

Un homme au chapeau mou pilote une barque a moteur dans une rue americaine des annees 1920 entierement inondee, devanture de drugstore et voitures submergees
La barque, la rue inondée, le chapeau mou : la série n’a pas changé de décor mental.

Un premier épisode pris dans un conflit d’édition

Le premier The Sinking City paraît en 2019, édité par Nacon, alors Bigben Interactive. En août 2020, le jeu disparaît des boutiques en ligne. Frogwares reproche à son éditeur des retards de paiement d’étapes, puis l’annulation de jalons déjà validés après la sortie.

La justice française tranche en janvier 2021, et pas en faveur du studio. Le tribunal juge que Frogwares a rompu le contrat de façon « manifestement illicite », et le jeu revient à la vente.

En mars de la même année, Frogwares accuse publiquement Nacon d’avoir mis en vente sur Steam une version craquée du jeu. L’éditeur répond qu’il était contractuellement le distributeur exclusif. Il ajoute être passé par un tiers pour produire cette version. Ce point précis n’a jamais été tranché. Nous donnons donc l’accusation pour ce qu’elle est, avec sa réponse.

L’affaire se termine à l’amiable en janvier 2024. Les deux parties mettent fin à leur accord au 31 décembre 2023, et Frogwares devient seul éditeur du jeu sur toutes les plateformes.

The Sinking City 2 est cette fois autoédité

La fiche Steam de la suite le confirme en une ligne : Frogwares est développeur et éditeur. Le studio ne dépend donc plus de personne pour distribuer son travail. C’est exactement ce qui manquait à Ninja Theory, fermé par le groupe qui l’avait racheté.

Le financement a suivi le même chemin. Une campagne participative lancée en mars visait 105 000 dollars, et elle a atteint son but en moins de deux heures. Elle s’est achevée à 591 389 dollars, soit près de cinq fois et demie l’objectif. Tous les paliers ont donc été débloqués. Le studio avait déjà procédé ainsi pour Sherlock Holmes: The Awakened en 2023.

Un studio de Kyiv qui travaille sous les coupures

Frogwares existe depuis 2000 et son équipe est installée à Kyiv. Le studio a expliqué à quoi lui avait servi le filet de sécurité du financement participatif précédent : encaisser les coupures de courant, et permettre à des membres de l’équipe de déménager dans l’urgence.

Ce contexte n’est pas un argument de vente, et le studio ne s’en sert pas comme tel. Il explique en revanche pourquoi cette suite a mis autant de temps. Il explique aussi pourquoi elle s’appuie sur ses joueurs plutôt que sur un éditeur.

Decor d Arkham dans The Sinking City 2
Arkham remplace Oakmont, mais l'eau reste le vrai personnage de la série.

Du monde ouvert au survival horror classique

Le changement le plus net est ailleurs, et il concerne le jeu lui-même. Le premier épisode était une enquête en monde ouvert, dans la ville inondée d’Oakmont. La suite se déplace à Arkham, toujours dans les années 1920, et adopte une structure de survival horror classique :

  • un inventaire limité, qui oblige à choisir ce que l’on emporte
  • des énigmes et des retours en arrière dans des zones déjà visitées
  • des ressources comptées, donc des affrontements que l’on préfère éviter

Frogwares annonce par ailleurs un mode Nouvelle partie + disponible dès la sortie, ce qui reste rare. Une longue séquence de jeu commentée, d’une douzaine de minutes, a été diffusée avant le lancement.

Notons enfin que le jeu est traduit en français pour les textes, les voix restant en anglais.

Ce qui reste à vérifier

Le premier épisode avait de réelles qualités d’écriture, mais une technique en retrait. Les temps de chargement étaient longs, et la ville un peu vide. Le passage à une structure fermée peut résoudre cela, car il concentre les moyens sur de plus petits espaces. Il peut aussi supprimer le sel de l’enquête, à savoir la liberté de fouiller la ville dans le désordre.

C’est le seul point qui compte vraiment, et aucune bande-annonce ne permet d’y répondre. Nous le saurons le 18 août.

Une suite financée par ses joueurs, éditée par son propre studio, écrite dans un pays en guerre, et qui change de genre en cours de route. Beaucoup de raisons d’échouer. Une seule de réussir : Frogwares n’a plus de comptes à rendre à personne, et c’est la première fois depuis 2019.

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