Penny Blood cherche toujours un éditeur, quatre ans après

Matsuzo Machida, créateur de Shadow Hearts, confirme que Penny Blood n’a toujours pas trouvé d’éditeur. Son studio Yukikaze écrit en attendant un roman, Penny Blood: REVIOLENCE, destiné à faire monter la valeur de la licence.

Un homme en long manteau sombre se tient devant une grille de fer forgé, sous une lune rouge sang.

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Penny Blood a été financé en 2022 par 17 920 contributeurs et 379 328 385 yens, au cours d’une campagne Kickstarter menée conjointement avec Armed Fantasia. Quatre ans plus tard, l’un des deux jeux n’a toujours personne pour le publier.

Trois noms venus de Shadow Hearts

Le projet n’a rien d’anonyme. Il réunit trois des artisans de Shadow Hearts, série de jeux de rôle d’horreur parue sur PlayStation 2. Elle est restée dans les mémoires pour son Judgement Ring, un système où chaque action de combat se valide sur une roue à minuterie. Vingt ans après, c’est encore lui qu’on cite en premier quand on parle de la série.

NomRôle
Matsuzo Machidacréateur de la série Shadow Hearts, directeur du projet
Miyako Katodirection artistique
Yoshitaka Hirotacomposition

L’histoire se déroule dans les années 1920 et emprunte son imagerie aux penny dreadfuls, ces feuilletons d’horreur bon marché de l’Angleterre victorienne. Les visuels diffusés montrent des rues éclairées au gaz, des créatures à tentacules et des personnages en long manteau. C’est très exactement le registre de Shadow Hearts, et c’est assumé comme tel.

Pourquoi aucun éditeur ne signe-t-il ?

Matsuzo Machida invoque l’état du secteur. Les éditeurs japonais et occidentaux ont réduit leurs prises de risque depuis deux ans. Un jeu de rôle d’horreur porté par un studio d’une poignée de personnes entre mal dans les cases qui restent ouvertes.

S’y ajoute un problème de preuve. Le financement participatif a montré qu’il existait un public de 17 920 personnes prêtes à payer d’avance. Ce chiffre démontre l’attachement à Shadow Hearts. Il ne dit rien de la taille du marché pour un jeu neuf qui n’a pas de nom connu sur sa jaquette.

Un studio sans éditeur doit par ailleurs avancer l’argent de la production, du contrôle qualité, de la certification sur chaque machine et de la mise en boutique. Le financement participatif couvre une partie du développement, jamais la sortie. C’est à ce moment précis que la plupart des projets de cette taille s’arrêtent.

La position de Machida est d’autant plus inconfortable qu’il a connu l’inverse. Shadow Hearts était un projet d’éditeur, financé et distribué dans plusieurs territoires. Vingt ans plus tard, le même auteur cherche ce qui lui était acquis.

Un roman pour faire monter la valeur de la licence

La réponse du studio est inhabituelle. Yukikaze écrit un roman, Penny Blood: REVIOLENCE, dont l’objectif affiché est d’augmenter la valeur de la licence avant de retourner démarcher. Il s’agit de faire exister l’univers sous une forme moins chère à produire, pour rendre le jeu plus facile à défendre en réunion.

Le pari tient debout au Japon, où les passerelles entre roman, manga et jeu vidéo sont anciennes et fonctionnent dans les deux sens. Il demande du temps. Et le temps est précisément ce dont un studio financé en 2022 dispose le moins.

Un spin-off existe déjà

Un jeu d’action est pourtant sorti sous ce nom. Penny Blood: Hellbound a été publié le 17 décembre 2024, développé par NatsumeAtari. Il se déroule dans le même univers et a servi de première apparition publique à la licence. Son existence prouve qu’un éditeur a accepté de financer quelque chose sous ce nom, mais pas le jeu principal.

Rien dans les communications de Yukikaze ne laisse entendre que le projet soit abandonné. Il n’a simplement ni date, ni plateforme annoncée, ni éditeur.

Quatre ans après une campagne à 17 920 contributeurs, Penny Blood reste un jeu dont tout le monde connaît les auteurs et que personne ne veut publier. Le roman censé débloquer la situation est l’aveu que le jeu seul ne convainquait plus. On aimerait se tromper, mais ce n’est pas souvent de cette façon qu’un projet financé par ses futurs joueurs finit par sortir.

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