Un tribunal écossais va décider si Rockstar a licencié pour activité syndicale. 31 salariés, écartés en octobre 2025 alors qu’ils travaillaient sur GTA 6, sont passés devant les juges le 10 septembre.
L’audience se tient au Glasgow Tribunal Centre et durera jusqu’au 16 octobre, du lundi au vendredi. L’affaire est enregistrée sous le nom de Garland & Others contre Rockstar, numéro 4104294/2025.
Les deux versions, côté syndicat et côté Rockstar
Le syndicat IWGB soutient que les licenciements sont illégaux à la fois dans leur motif et dans leur procédure. Il affirme que les salariés ont été visés pour leur engagement syndical, inscrits sur une liste noire, et privés de procédure disciplinaire comme de droit d’appel.
Rockstar donne une autre raison. Selon le studio, les salariés ont été licenciés pour des messages publiés dans un canal Discord syndical privé, messages qui auraient violé leurs accords de confidentialité. Le studio rejette les accusations du syndicat et annonce qu’il se défendra vigoureusement.
Alex Marshall, président de l’IWGB, résume la position du syndicat en une phrase. Un employeur n’a pas le droit de sanctionner un salarié qui exerce son droit d’adhérer à un syndicat.

Que peut décider le tribunal ?
Les salariés demandent trois choses, dans cet ordre :
- leur réintégration chez Rockstar
- à défaut, une indemnisation
- et dans les deux cas, une reconnaissance par le tribunal du caractère abusif des licenciements
Cette troisième demande compte autant que les deux autres. Une décision qui qualifierait ces licenciements d’illégaux ferait jurisprudence pour tout le secteur britannique, où la syndicalisation des studios progresse depuis trois ans.
Un calendrier qui croise celui de GTA 6
L’audience s’achève le 16 octobre. GTA 6 sort le 19 novembre sur PS5 et Xbox Series, soit un mois plus tard. Le procès se déroulera donc pendant toute la campagne de lancement du jeu le plus attendu de la décennie, et les 31 plaignants y ont travaillé.
Les licenciés avaient d’ailleurs demandé publiquement en août qu’aucun boycott ne soit organisé contre le jeu. C’est une position de salariés, pas de militants : ils réclament leur poste, pas la chute de leur employeur.
Six semaines d’audience pour 31 personnes, à un mois d’une sortie majeure. C’est un procès que Rockstar aurait préféré éviter à cette date. Le studio a choisi de plaider plutôt que de transiger, ce qui suppose qu’il pense sa position solide sur le terrain de la confidentialité. Si le tribunal juge que le motif réel était syndical, la décision comptera bien au-delà de Rockstar.




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