Neo Berlin 2087 est ressorti de l’ombre ce 14 août 2026, à quelques jours de la gamescom. Le studio berlinois Elysium Game Studio et son éditeur ByteRockers’ Games ont diffusé une bande-annonce qui affiche enfin une échéance : 2028, sur PC, PS5 et Xbox Series X|S. Le jeu avait pourtant été présenté dès 2021.
Un détective, une disparue, et une ville coupée en deux
On y incarne Nolan, enquêteur de la police de Neo Berlin. Sa hiérarchie lui confie une double mission : retrouver Natalie, la fille du chef de la police, et élucider le meurtre de ce dernier. L’affaire remonte ensuite vers une conspiration qui touche la ville entière.
La ville, justement, tient le premier rôle. Les classes dirigeantes vivent derrière des murailles, tandis que des machines détraquées rôdent dans les terres désolées alentour. La bande-annonce insiste sur cette fracture sociale, car elle sert de moteur à l’enquête.
Côté mécanique, Nolan reconstitue les souvenirs des victimes pour faire avancer ses dossiers. Le jeu bascule par ailleurs librement entre la première et la troisième personne, ce qui autorise l’infiltration comme l’affrontement direct. Les dialogues à choix, enfin, infléchissent le récit.
Cette liste dessine une filiation assez claire. La bascule de vue, l’enquête et le choix entre discrétion et fusil viennent en droite ligne de Deus Ex. La ville coupée en deux par la richesse et la technologie, elle, renvoie à Cyberpunk 2077. Neo Berlin ressemble donc à un croisement des deux, ce qui est à la fois son argument le plus solide et le pari le plus risqué : ces deux jeux ont coûté des centaines de millions.


Neo Berlin 2087 s’appelait Shadow of Conspiracy en 2021
Le projet n’est donc pas neuf. Il a été annoncé en 2021 sous le titre Shadow of Conspiracy: Section 2, avant d’être rebaptisé. Depuis, ses apparitions publiques se comptent sur les doigts d’une main.
Elysium Game Studio est une équipe indépendante allemande, fondée et dirigée sur le plan créatif par Ivan Mirkovikj. ByteRockers’ Games, éditeur allemand également, accompagne le titre. La fenêtre de 2028 place ainsi sept ans entre la première annonce et la sortie, ce qui reste rare hors des très grosses productions.
La perplexité laissée par la démonstration de 2025
En août 2025, une précédente bande-annonce avait laissé les joueurs dubitatifs. Les commentaires visaient surtout les dialogues, jugés étranges, et l’empilement de genres. Un spectateur résumait le sentiment général par un titre imaginaire, relayé par PlayStation LifeStyle : « Max Payne of Duty 2077: Deux Ex Matrix ».
Le reproche n’est pas anodin. Enquête, tir, infiltration, dialogues à branches : chacun de ces piliers demande sa propre expertise. Montrer les quatre en deux minutes donne donc l’impression d’un catalogue plutôt que d’un jeu.
Un thriller à systèmes multiples pour une équipe indépendante
C’est précisément là que 2028 devient intéressant. Repousser une sortie déjà lointaine ressemble moins à un dérapage qu’à une prise de conscience. Même un studio bien financé avance prudemment sur ce terrain. Une petite équipe ne peut pas livrer un jeu d’enquête, un jeu de tir et un jeu d’infiltration dans le temps d’un seul des trois.
Notons enfin que la page Steam annonce pour l’instant l’anglais et l’allemand, sans mention du français. Rien n’est figé à un tel horizon, mais l’information vaut d’être notée pour qui suit le projet depuis la France.

Une date, même lointaine, valait mieux que le silence : Neo Berlin 2087 frôlait le statut de projet fantôme. Ces deux années serviront à resserrer l’ensemble, ou à l’élargir encore. Un thriller berlinois joué comme une enquête aurait de quoi exister à côté de ses modèles ; une collection de mécaniques, beaucoup moins.




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