Il fut un temps où flâner sur Steam tenait de la chasse au trésor. On y dénichait la perle indé, le jeu bizarre, la trouvaille d’un soir. En 2026, l’exercice ressemble de plus en plus à une corvée. La faute à une marée de jeux produits à la chaîne, reconnaissables à leurs vignettes générées par IA, avec ce vernis artificiel qui ne trompe plus personne.
Le store qui se brouille
Le problème n’est pas tant l’IA en soi que le volume. Chaque semaine, des dizaines de titres opportunistes déboulent, habillés d’illustrations automatiques, et noient les vraies sorties dans le bruit. Pour le joueur curieux, celui qui aime creuser, c’est l’expérience même de la découverte qui s’érode. Difficile de croire que personne, du côté de Bellevue, n’ait remarqué à quel point la vitrine a enlaidi.
La doctrine du laisser-faire
Face à ça, Valve campe sur sa ligne : étiqueter plutôt qu’interdire. Les studios doivent déclarer l’usage d’IA générative, et plus de 7 300 jeux l’avaient fait début 2026, un chiffre forcément sous-estimé. Les pages non conformes sont retirées, mais le contenu IA, lui, reste le bienvenu tant qu’il est signalé. La vraie question, celle que les joueurs posent depuis des mois : Valve finira-t-il par offrir un filtre pour masquer cette production de masse ?
Steam reste la place forte du PC, et c’est précisément ce qui rend le sujet sérieux. Quand le plus grand magasin du jeu vidéo se laisse envahir par le tout-venant, ce n’est pas qu’une affaire d’esthétique. C’est la confiance dans la vitrine elle-même qui s’effrite. Et la confiance, une fois perdue, se regagne rarement à coups d’étiquettes.




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