Dreadline Express, le dernier train de l’humanité

Dreadline Express sort le 16 octobre sur PC. Dans ce jeu d’enquête à la première personne, on interroge les passagers du dernier train de l’humanité avec des cartes qui tiennent lieu de phrases. Une démo est disponible.

Un homme pâle aux yeux clairs est assis derrière un bureau encombré d'une machine à écrire, éclairé par une lampe à abat-jour vert.

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Bande-annonce

Dreadline Express sort dans 9 jours, signé David Konecny, développeur seul, et édité par Shoreline Games. Il se présente comme un metroidbrainia, mot qui demande une explication avant tout le reste.

Un metroidbrainia, c’est-à-dire ?

Dans un metroidvania, on revient dans une zone déjà visitée parce qu’on a trouvé le double saut. Dans un metroidbrainia, on y revient parce qu’on a compris quelque chose. La porte n’a pas changé, le joueur si. Le progrès n’existe que dans sa tête, et le jeu ne lui donne aucun objet pour le matérialiser.

Le genre reste rare, parce qu’il est difficile à écrire : il faut concevoir des verrous qu’une information seule ouvre, sans qu’ils paraissent arbitraires avant ni évidents après. Outer Wilds et Her Story en sont les deux références.

Un carnet ouvert portant la mention TRAIN, autour duquel flottent des cartes illustrées, vu à la première personne.

Des cartes au lieu de répliques

La trouvaille de Dreadline Express est son système de conversation. On ne choisit pas une réplique dans une liste : on collecte des cartes illustrées, chacune portant une information, un lieu, un objet, une rumeur. Interroger un passager consiste à lui présenter une carte.

Chaque observation faite dans le train devient une carte, qu’on peut garder pour plus tard ou jouer tout de suite. Le carnet qui les rassemble est l’interface principale du jeu, et il remplace à la fois le journal de quête et l’arbre de dialogue.

La difficulté n’est plus de choisir la bonne réponse dans une liste. Elle est de se souvenir de ce qu’on a vu trois wagons plus tôt, et de comprendre à qui cela peut servir.

Ce genre de système punit la distraction et récompense la prise de notes. C’est une façon de jouer qu’on croyait réservée aux jeux d’aventure des années 1990, et qui revient depuis quelques années par la petite porte de l’indépendant.

ÉlémentDétail
Sortie16 octobre 2026, sur PC
DéveloppementDavid Konecny, seul
ÉditionShoreline Games
Genrehorreur psychologique, enquête à la première personne
Démodisponible sur Steam

Le dernier train d’une Terre dévastée

Le cadre est posé en deux lignes par le studio. Les roues d’acier du dernier train de l’humanité traversent les cicatrices d’une planète ravagée, avec à bord une poignée de survivants. Derrière chaque porte se trouve un mystère, et chaque passager a une histoire.

Les visuels tirent vers un expressionnisme sale, aux couleurs saturées, avec des visages aux yeux trop clairs et des compartiments éclairés à la lampe. Le registre est ouvertement lovecraftien, l’une des bandes-annonces porte d’ailleurs le mot dans son titre.

Le train est un décor parfait pour ce genre d’exercice. Il est clos, il est linéaire, et pourtant on peut en parcourir les wagons dans les deux sens autant de fois qu’on veut. C’est exactement la géométrie dont un jeu d’enquête a besoin.

Il apporte aussi une contrainte que l’horreur sait exploiter. Personne ne descend en marche, les passagers restent les mêmes du début à la fin, et la liste des suspects ne s’allongera pas. Tout ce qui arrivera viendra de l’intérieur.

La comparaison avec Her Story tient sur un point précis. Les deux jeux demandent au joueur de construire lui-même le lien entre deux fragments, sans jamais lui confirmer qu’il a raison avant la fin.

Reste la question du rythme. Un jeu qui demande de relire ses notes peut s’enliser dès que le joueur perd le fil, et le carnet devient alors une corvée administrative plutôt qu’un outil. Tout dépendra de la façon dont le jeu range les cartes à la place du joueur.

Un écran de jeu annonçant « YOU MADE AN OBSERVATION » au-dessus d'une carte illustrée nommée Alien Sky, avec deux choix proposés.

La démo répond à la seule vraie question

Un système de conversation par cartes peut être une idée brillante ou une corvée de classement. Rien dans une bande-annonce ne permet de trancher, parce que la différence se joue sur la lisibilité du carnet et sur le rythme des réponses.

La démo est sur Steam, gratuite, neuf jours avant le jeu. C’est le meilleur arbitre possible pour un titre dont l’argument de vente ne tient pas en une phrase.

Tout ce dispositif peut s’effondrer sur une mauvaise interface et tenir debout sur une bonne. Ce qui est sûr, c’est qu’on n’avait pas vu de système de conversation aussi inhabituel depuis longtemps, et qu’il sort à la bonne période de l’année. La démo est là pour trancher avant le 16.

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