Les comédiens japonais encadrent le clonage de voix par IA

Le syndicat japonais des acteurs a publié le 16 octobre des règles sur le clonage de voix par intelligence artificielle. Elles exigent un accord à chaque étape, font de la voix générée une interprétation rémunérée, et visent les doublages automatiques vers d’autres langues.

Un homme en costume noir lève la main pour saluer, une femme en bleu à côté de lui, devant un mur portant le logo Prime Video.
Kenjiro Tsuda, dont la plainte contre un compte TikTok a marqué le débat japonais sur la voix. Photo Dick Thomas Johnson, CC BY 2.0.

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Le syndicat japonais des acteurs a publié le 16 octobre des règles sur le clonage de voix par intelligence artificielle. Le 日本俳優連合, que l’on abrège en JAU, y fixe 4 obligations aux entreprises qui entraînent des modèles sur la voix des comédiens.

Un accord à chaque étape de la chaîne

Le consentement au clonage de voix se découpe. Il faut une autorisation préalable à l’entraînement du modèle, une autre à la génération, une troisième à la diffusion. L’entreprise doit déclarer son objectif et obtenir l’accord de la personne dont elle veut utiliser la voix.

Un comédien qui accepte d’entraîner un modèle ne cède donc ni l’usage de ce modèle, ni sa publication. L’autorisation globale signée une fois pour toutes n’a plus cours.

La voix générée devient une interprétation

Le syndicat demande ensuite que l’usage d’une voix générée par IA soit traité comme une nouvelle forme d’interprétation, ouvrant droit à rémunération ou à redevances. Le JAU y voit le moyen de faire de l’IA un outil qui permet aux comédiens « de concéder leur propre voix sous licence et d’en tirer un revenu », au lieu d’une « menace qui vole leur travail ».

Les doublages automatiques visés

Viennent les voix générées qui imitent un comédien dans une autre langue. Les directives protègent l’intégrité de l’interprétation d’origine et garantissent aux comédiens, quand un programme est traduit dans plusieurs langues, le droit d’obtenir de nouvelles licences d’usage et une compensation au titre de la diffusion mondiale.

Reste le cas des comédiens décédés. Automaton rapporte une interdiction stricte de copier leur voix.

Le procès de Kenjiro Tsuda en toile de fond

Portrait d’un homme aux cheveux noirs en bataille, veste sombre sur un col roulé, de trois quarts, devant un fond bleu.
Kenjiro Tsuda en 2018. Photo KniBaron, CC BY 2.0.

Ces règles arrivent après une série d’affaires d’usage non autorisé de voix et de visages de personnalités dans des vidéos et des images générées. La plus marquante reste la plainte du comédien Kenjiro Tsuda contre un compte TikTok qui diffusait des vidéos imitant sa voix par IA générative.

Aucune loi japonaise ne protège directement la voix. Le ministère de la Justice et le METI, le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, ont déjà rédigé des textes indiquant qu’une voix peut relever du droit à l’image et de la loi sur la concurrence déloyale. Le syndicat pousse pour que le gouvernement reconnaisse pleinement un « droit de la voix ».

Ces directives n’ont aucune force contraignante. Elles donnent un cadre aux entreprises et un argument aux comédiens qui iront devant un juge.

Questions fréquentes

Ces directives ont-elles force de loi ?

Non. Aucune loi japonaise ne protège directement la voix. Les directives donnent un cadre aux entreprises et un argument aux comédiens, sans contrainte juridique par elles-mêmes.

Que demandent exactement les règles ?

Un consentement préalable à chaque étape de la chaîne, entraînement, génération et diffusion, une rémunération pour toute voix générée, une protection des doublages automatiques vers d’autres langues, et l’interdiction de copier la voix de comédiens décédés.

Qui est le 日本俳優連合 ?

Le syndicat japonais des acteurs, aussi appelé Japan Actors Union ou JAU. Il représente les comédiens et les artistes interprètes, dont les seiyuu qui doublent les jeux et les animes.

Pourquoi le procès de Kenjiro Tsuda compte-t-il ?

Ce comédien de doublage a porté plainte contre un compte TikTok qui diffusait des vidéos imitant sa voix par IA générative. C’est le cas le plus marquant d’une série d’affaires qui a poussé le syndicat à agir.

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