Patrick Stewart est mort à 86 ans : retour sur sa carrière

Patrick Stewart est mort le 28 octobre 2026 chez lui, à Los Angeles, à 86 ans. Acteur de la Royal Shakespeare Company, il a été Jean-Luc Picard dans Star Trek et le professeur Xavier des X-Men. Sa carrière a duré plus de 60 ans, du théâtre au jeu vidéo.

Patrick Stewart, en veste sombre et chemise blanche, parle dans un micro en souriant, devant un panneau jaune et blanc du Comic-Con.

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Patrick Stewart était un acteur britannique, né le 13 juillet 1940 à Mirfield, dans le Yorkshire. Il est mort le 28 octobre 2026 chez lui, à Los Angeles, à 86 ans.

Il a joué dans plus de 60 productions de la Royal Shakespeare Company avant de devenir, à 47 ans, le capitaine Jean-Luc Picard de Star Trek: The Next Generation. Il a ensuite incarné le professeur Charles Xavier des X-Men pendant 26 ans. Son dernier rôle sera encore Xavier, dans Avengers: Doomsday, en salles le 18 décembre 2026.

Sa mort et sa maladie

Patrick Stewart, barbe blanche taillée, en costume gris et cravate, tient une médaille dorée devant un mur portant le mot Awards.
Patrick Stewart aux Peabody Awards, en 2012. Photo Anders Krusberg / Peabody Awards, CC BY 2.0.

Le 29 octobre, sa porte-parole de longue date, Kelly Bush Novak, a diffusé le communiqué de sa famille. « C’est avec une grande tristesse que nous annonçons la disparition de Sir Patrick Stewart », commence le texte. Il est mort entouré des soins de sa femme, Sunny, après « un parcours bref et poignant » avec la maladie d’Alzheimer et la démence à corps de Lewy.

Patrick Stewart n’avait jamais parlé de cette maladie en public. Selon le communiqué, il a passé ses derniers temps entouré de ses proches, « de musique jouée sur place, de prières, de larmes et de rires ». « Nous chérirons toujours la paix qui se lisait sur son visage, souvenir durable de sa grâce invincible », écrivent ses proches. Au lieu de fleurs, ils demandent des dons pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer et l’aide aux familles des malades.

Il laisse la chanteuse Sunny Ozell, son épouse depuis 2013, et deux enfants nés de son premier mariage, Daniel et Sophie.

Les hommages

Hugh Jackman, son partenaire dans X-Men et Logan, a écrit : « Nous avons perdu l’un des plus grands de la scène et de l’écran aujourd’hui. » Chez Star Trek, LeVar Burton a résumé : « Il était de la famille ». Jonathan Frakes a rappelé qu’il n’avait joué avec personne, ni dirigé personne, plus souvent que lui. William Shatner, le capitaine Kirk de la série originale, a salué « un ami, un collègue et un acteur magnifique ».

La Royal Shakespeare Company voit en lui « l’un des plus grands acteurs shakespeariens classiques de sa génération ». Seth MacFarlane, qui l’a fait jouer dans American Dad! et Ted, le décrit « aussi humble qu’on peut l’être ». Ian McKellen, son ami et son Magneto, lui a consacré le plus long texte, sur Instagram.

Une enfance à Mirfield

Patrick Stewart naît dans le lit de ses parents, dans une maison mitoyenne de Mirfield. Il est le plus jeune de 3 garçons, et on ne lui donne pas de deuxième prénom. Il s’inventera plus tard « Hewes », parce que le syndicat des acteurs comptait déjà un Patrick Stewart.

La maison n’a pas d’eau chaude, et les toilettes, partagées, sont à l’extérieur. L’enfant s’y enferme pour lire, à l’abri des colères de son père.

Sa mère, Gladys, est tisserande dans une filature de laine et joue dans les spectacles de la paroisse. Son père, Alfred, a été sergent-major dans un régiment de parachutistes pendant la Seconde Guerre mondiale. Revenu à la vie civile comme ouvrier, il boit le week-end et bat sa femme pendant des années.

L’acteur l’a raconté dans le Guardian en 2009 : « Je savais exactement quand glisser un petit corps entre le poing et son visage, un savoir qu’aucun enfant ne devrait avoir à apprendre. » Sa mère est restée avec son mari jusqu’à sa mort, en 1977. En 2007, Patrick Stewart est devenu parrain de Refuge, une association britannique d’aide aux victimes de violences conjugales.

Bien plus tard, il a compris que son père souffrait d’un syndrome de stress post-traumatique. Il a alors pris le parrainage de Combat Stress, qui soigne les anciens combattants britanniques.

Le soir, ses frères aînés lui lisent du Shakespeare avec l’accent du Yorkshire. Au collège, son professeur d’anglais, Cecil Dormand, lui confie à 12 ans le rôle de Shylock dans Le Marchand de Venise, et les deux hommes resteront amis. « C’est lui qui m’a mis un Shakespeare dans la main et m’a dit : maintenant, lève-toi et joue », racontait Patrick Stewart à la BBC en 2010.

Il quitte l’école à 15 ans, sans diplôme, pour devenir reporter au Dewsbury Reporter, où il écrit aussi des nécrologies. Ses soirées passent dans les troupes de théâtre de la région, et son rédacteur en chef finit par lui demander de choisir. Selon le Telegraph, il avait inventé le compte rendu d’une réunion du conseil municipal, et oublié le gros incendie qui avait éclaté juste à côté.

Parti du journal, il vend des meubles pour payer ses études. Une bourse du conseil local des arts lui ouvre en 1957 l’école du Bristol Old Vic, à 17 ans. À 19 ans, il est déjà presque chauve, à cause d’une alopécie héréditaire, et il portera longtemps des perruques sur scène. Il y perd aussi son accent du Yorkshire.

Ses premiers rôles professionnels, en 1959, sont un coupe-bourse dans Cyrano de Bergerac au Theatre Royal de Bristol, et Tom Morgan dans L’Île au trésor avec la troupe de Lincoln. Pendant 6 ans, il enchaîne les théâtres de répertoire et les tournées.

Il fête ses 21 ans à Melbourne, en tournée en Australie avec la compagnie de l’Old Vic, et sa vedette, Vivien Leigh, vient à sa fête. Il joue ensuite Henry V à Manchester en 1963, puis Galilée au Bristol Old Vic en 1965.

Un bâtiment de pierre de style gothique, avec une haute tour carrée, au bord d'une route, sous un ciel nuageux.
Le Sir Patrick Stewart Building, à l'université de Huddersfield. Photo Stephen Craven, CC BY-SA 2.0.

Supporter du club de football de Huddersfield Town, il a été chancelier de l’université de Huddersfield, voisine de Mirfield, de 2004 à 2015. L’université a donné son nom à son bâtiment consacré au théâtre en 2016.

La Royal Shakespeare Company (1966-1982)

Patrick Stewart entre à la Royal Shakespeare Company en 1966, dans la génération réunie autour du metteur en scène Trevor Nunn, avec Helen Mirren et Ben Kingsley. Il y reste 16 ans, le temps de plus de 60 productions. Les premières années, il tient surtout des seconds rôles, comme le Roi de comédie dans Hamlet ou Cornouailles dans Le Roi Lear.

En 1970, il obtient le rôle-titre du Roi Jean. L’année suivante, il débute à Broadway avec la troupe, dans le rôle de Snout, pour Le Songe d’une nuit d’été mis en scène par Peter Brook.

Il joue Énobarbus dans Antony and Cleopatra en 1974, dans la mise en scène de Trevor Nunn, filmée pour la télévision. Le rôle lui vaut en 1979 le prix Olivier du meilleur second rôle, pour une nouvelle production de la RSC jouée au théâtre de l’Aldwych, à Londres.

En 1977, il joue Shakespeare lui-même dans Bingo, la pièce d’Edward Bond. Pour Every Good Boy Deserves Favour, de Tom Stoppard, il se fond parmi les musiciens de l’Orchestre symphonique de Londres. Le chef André Previn, raconte le Telegraph, savonnait les cordes de son violon pour qu’il ne produise aucun son parasite.

En 1982, il est la première voix entendue sur la scène du Barbican, la nouvelle salle londonienne de la troupe, dans le rôle-titre de Henry IV. Juste avant Star Trek, il joue George dans Qui a peur de Virginia Woolf ?, qui lui vaut un prix du théâtre indépendant londonien.

Photo en noir et blanc d'un homme barbu coiffé d'une couronne, en costume de cour brodé, à côté d'une femme en robe claire.
Patrick Stewart en Claudius dans le Hamlet de la BBC, en 1980. Photo de presse PBS, domaine public.

La télévision britannique le découvre dans le même temps. En 1974, il joue Lénine dans Fall of Eagles et Clement Attlee dans The Gathering Storm. Deux ans plus tard, il est Séjan, le préfet du prétoire de I, Claudius, que le Telegraph décrit comme « souriant et impitoyable ». On le voit en Karla, le maître espion soviétique, dans Tinker Tailor Soldier Spy en 1979, puis dans Smiley’s People en 1982. Entre les deux, il est Claudius dans le Hamlet de la BBC, en 1980.

Au cinéma, Trevor Nunn lui donne le rôle de Løvborg face à Glenda Jackson dans son film Hedda. Il joue ensuite le roi Léodagan dans Excalibur, de John Boorman, en 1981. En 1984, il est Gurney Halleck, le maître d’armes de la maison Atréides, dans le Dune de David Lynch. Viennent ensuite Lifeforce, de Tobe Hooper, en 1985, et Lady Jane en 1986, où il joue le père de Jane Grey.

Jean-Luc Picard (1987-2002)

Robert Justman, producteur de la nouvelle série Star Trek, le découvre lors d’une lecture de Shakespeare à l’université UCLA, à Los Angeles. « J’ai dit à ma femme : je crois que j’ai trouvé notre nouveau capitaine », a raconté Justman à la BBC. Gene Roddenberry, le créateur de Star Trek, hésite, et il lui fait porter une perruque pour sa dernière audition.

Patrick Stewart hésite aussi. Il ne connaît « presque rien » à Star Trek, et il se demande comment un « capitaine pacifiste d’âge mûr », avec un nom français et un accent britannique, pourrait plaire. Il pense que le contrat sera court. Ian McKellen, croisé dans une rue de Londres, lui demande s’il veut vraiment « risquer de se perdre à Hollywood pendant des années », mais Patrick Stewart signe.

Star Trek: The Next Generation commence en 1987. La presse américaine présente le nouveau capitaine comme un « acteur shakespearien britannique inconnu ». Patrick Stewart, 47 ans, y joue Jean-Luc Picard, le capitaine français de l’Enterprise, un homme cultivé qui préfère la diplomatie au combat.

Pour que des ordres comme « Engage! » ne paraissent pas ridicules, il puise dans les rois qu’il a joués au théâtre. L’un de ces ordres, « Make it so », donnera son titre à ses mémoires. La série dure 7 saisons et 176 épisodes, jusqu’en 1994. Elle remporte 18 Emmy Awards et un Peabody Award, et rassemble jusqu’à 35 millions de téléspectateurs, selon le Telegraph.

Dans « The Best of Both Worlds », en 1990, Picard est assimilé par les Borgs et devient Locutus. Dans « Chain of Command », en 1992, un officier cardassien le torture pour lui faire dire qu’il voit 5 lumières. « Il y a 4 lumières ! », lui crie Picard.

Son épisode préféré reste « The Inner Light », la même année : Picard y vit toute une vie sur une planète disparue. Son fils Daniel y joue le fils de Picard.

« Pour un très grand nombre de gens, je serai toujours Jean-Luc Picard, et ça me va », disait-il à The Independent en 2003. À ceux qui lui reprochaient d’avoir quitté Shakespeare pour la télévision, il répondait : « Quel snobisme ! »

L’équipage passe au cinéma avec Star Trek: Generations en 1994, où Picard croise le capitaine Kirk, qui y meurt. Suivent First Contact en 1996, où il affronte de nouveau les Borgs, Insurrection en 1998 et Nemesis en 2002. Patrick Stewart s’installe en Californie, ce qu’il n’avait pas prévu.

Pendant ces années, il joue seul sa propre adaptation du Chant de Noël de Charles Dickens. Il l’avait créée une dizaine d’années plus tôt à Mirfield, pour financer l’orgue d’une église. Présenté à Broadway en 1991, le spectacle lui vaut un Drama Desk Award, et il le reprend à Broadway en 1992, 1994 et 2001.

Hollywood dans les années 1990

Steve Martin en fait un maître d’hôtel odieux dans L.A. Story, en 1991. Pendant que Picard tient l’antenne, Mel Brooks en fait le roi Richard Cœur de Lion dans sa parodie Robin Hood: Men in Tights, en 1993. L’année suivante, il anime Saturday Night Live. Il joue ensuite Sterling, un homosexuel exubérant, dans la comédie Jeffrey, en 1995, et reçoit son étoile sur le Walk of Fame d’Hollywood le 16 décembre 1996. On le voit aussi chez Les Simpson en 1995 et dans 1, rue Sésame en 1996. DreamWorks lui confie la voix du pharaon Séthi dans Le Prince d’Égypte, en 1998.

La télévision lui donne deux grands rôles littéraires. Il est le capitaine Achab dans le téléfilm Moby Dick, en 1998, et le rôle lui vaut des nominations aux Emmy Awards et aux Golden Globes. L’année suivante, il porte son Scrooge à l’écran dans A Christmas Carol, pour la chaîne TNT.

Sur scène, il joue Prospero dans La Tempête à Central Park, puis à Broadway en 1995. En 1997, à Washington, il obtient enfin Othello, un rôle qu’il voulait depuis ses 14 ans. Jude Kelly le met en scène « en négatif » : un Othello blanc, entouré d’une troupe entièrement noire. À Broadway, en 2000, il joue un bigame dans The Ride Down Mt. Morgan, d’Arthur Miller.

Le professeur Charles Xavier (2000-2026)

En 2000, Bryan Singer lui confie le rôle du professeur Charles Xavier dans X-Men. Le télépathe en fauteuil roulant dirige une école pour jeunes mutants, face à Magneto, joué par Ian McKellen. Il le reprend dans X2 en 2003.

Dans X-Men: The Last Stand, en 2006, Xavier meurt une première fois. Jean Grey, possédée par le Phénix, le désintègre, avant qu’une scène après le générique ne le montre réfugié dans un autre corps. Patrick Stewart fait ensuite deux apparitions rapides, dans X-Men Origins: Wolverine en 2009 et The Wolverine en 2013.

X-Men: Days of Future Past, en 2014, le réunit avec James McAvoy, qui joue Xavier jeune depuis 2011. Les deux acteurs se partagent le personnage, à deux époques.

Patrick Stewart, en veste sombre et chemise grise, pose aux côtés de Hugh Jackman, en costume gris, devant un panneau de la Berlinale.
Patrick Stewart et Hugh Jackman à la Berlinale, pour Logan, en 2017. Photo Maximilian Bühn, CC BY-SA 4.0.

Logan, en 2017, montre un Xavier de plus de 90 ans, atteint de démence. Ses crises télépathiques ont tué plusieurs X-Men des années plus tôt, et Wolverine le cache à la frontière mexicaine. Il meurt cette fois sous les coups de X-24, un clone de Logan.

À la Berlinale, en regardant le film à côté de Hugh Jackman, Patrick Stewart décide que ce sera aussi son dernier X-Men. Il ajoute qu’en science-fiction, on ne peut « jamais, jamais dire que c’est la fin ».

Il revient en 2022 dans Doctor Strange in the Multiverse of Madness. Il y joue le Xavier d’une autre Terre, membre des Illuminati, dans une version qui reprend des éléments du dessin animé des années 1990. La Sorcière rouge le tue, avec la plupart des membres du groupe.

En mars 2025, Marvel Studios l’annonce dans la distribution d’Avengers: Doomsday, aux côtés d’Ian McKellen en Magneto et de James Marsden en Cyclope. Un teaser diffusé en 2026 le montre dans le manoir des X-Men, avec McKellen. Le film sort le 18 décembre 2026, et ce sera son dernier rôle.

Kevin Feige, le président de Marvel Studios, l’a décrit à Variety comme un homme « brillant, charmant, chaleureux, généreux, avec une force tranquille et de la gravité ».

Sa voix dans le jeu vidéo

Sa voix arrive dans le jeu vidéo avec Picard, qu’il double dans plusieurs jeux Star Trek, de A Final Unity en 1995 à Elite Force II en 2003. Il prête aussi sa voix à Xavier dans X-Men Legends, en 2004.

Dans The Elder Scrolls IV: Oblivion, sorti en 2006, Patrick Stewart prête sa voix à l’empereur Uriel Septim VII. Le joueur le rencontre dans sa cellule, au tout début du jeu, puis l’escorte dans les souterrains de la prison impériale. Le rôle lui vaut le prix de la meilleure interprétation masculine aux Spike Video Game Awards 2006, où Oblivion est élu jeu de l’année.

Un personnage en armure argentée et dorée, sur une colline boisée, regarde au loin une ville fortifiée dominée par une tour blanche.
La Cité impériale, capitale de l'empire d'Uriel Septim, dans Oblivion Remastered. Image : Bethesda.

La même année, il reprend Jean-Luc Picard dans Star Trek: Legacy et Charles Xavier dans X-Men: The Official Game. En 2010, il joue Zobek dans Castlevania: Lords of Shadow, de MercurySteam et Konami, dont il est aussi le narrateur. Il reprend le rôle dans Lords of Shadow 2 en 2014. Oblivion est ressorti en 2025 dans une version refaite, The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered, qui garde sa voix.

Le retour à Shakespeare

Il joue Macbeth au festival de Chichester en 2007, puis à Londres et à Broadway. C’est sa seule nomination aux Tony Awards. En 2008, il est Claudius face au Hamlet de David Tennant pour la Royal Shakespeare Company, et le rôle lui vaut un second prix Olivier.

À Broadway, il joue aussi A Life in the Theatre, de David Mamet, en 2010. Ses derniers pas sur une scène new-yorkaise, il les fait avec Ian McKellen, en 2013 et 2014.

Ian McKellen, l’ami d’une vie

La première fois que Patrick Stewart voit Ian McKellen, en 1965, celui-ci joue Claudio dans Beaucoup de bruit pour rien, mis en scène par Franco Zeffirelli. « Je l’ai tout de suite envié pour son physique extraordinaire, pour ne pas dire sa beauté », racontait-il au magazine Time en 2013. Les deux jeunes acteurs se croisent ensuite à la Royal Shakespeare Company.

Leur amitié naît vraiment sur le tournage de X-Men, en 2000. Entre deux prises, Xavier et Magneto passent leurs pauses ensemble dans leurs caravanes, « à traîner et à parler », selon Stewart. Le metteur en scène Sean Mathias les réunit ensuite au théâtre. Ils jouent En attendant Godot à Londres en 2009, puis Godot et No Man’s Land en alternance à Broadway, de 2013 à 2014. Le critique du New York Times Ben Brantley trouve le duo « absurdement réjouissant ».

Pendant les représentations new-yorkaises, Patrick Stewart publie sur Twitter des photos des deux amis en touristes, avec les chapeaux melon de Vladimir et Estragon. L’idée de la série, baptisée « Gogo and Didi do New York », venait de Sunny Ozell.

En 2013, c’est Ian McKellen qui marie Patrick Stewart et Sunny Ozell. Il s’était fait ordonner en ligne par l’Universal Life Church, et il célèbre l’union dans un restaurant mexicain de Berkeley, en Californie. La fête a lieu le 7 septembre au bord du lac Tahoe, dans le Nevada, et c’est encore McKellen qui officie.

Le 29 octobre 2026, il lui a rendu hommage sur Instagram. Il le décrit comme un homme du Yorkshire qui ne cachait rien de ce qu’il ressentait, « ce qui faisait de lui un homme sur qui compter, à admirer et, dans mon cas, à aimer ». Selon lui, Patrick Stewart « n’a jamais renié ses origines ».

Sa plus grande fierté, écrit McKellen, était sa charge de chancelier de l’université de Huddersfield. Il revient sur ce jour où il lui avait déconseillé Star Trek : « Il a pris le risque, et heureusement pour nous tous. » Il note enfin que ses adieux à l’écran, dans Avengers: Doomsday, restent à découvrir.

Ses mariages et ses enfants

Patrick Stewart épouse en 1966 l’actrice et chorégraphe Sheila Falconer. Ils ont deux enfants, Daniel, né en 1967, et Sophie, née en 1972, et divorcent en 1990. Dans ses mémoires, il revient sur ses infidélités pendant ce mariage, dont une liaison avec Jennifer Hetrick, qui jouait Vash dans The Next Generation.

Il épouse en 2000 Wendy Neuss, productrice de Star Trek: Voyager, et ils divorcent en 2003.

En 2008, à New York, il rencontre Sunny Ozell, une chanteuse qui travaille alors comme serveuse. Elle voulait voir son Macbeth, qui affichait complet, et il lui laisse son numéro pour lui trouver une place. Elle a 38 ans de moins que lui. Leurs fiançailles sont annoncées en mars 2013, et la fête du mariage réunit une centaine d’invités en septembre, dans le Nevada natal de la mariée.

À Los Angeles, le couple accueillait des pit-bulls en famille d’accueil, avec l’association Wags and Walks. En 2017, Patrick Stewart a dû renoncer à ramener en Angleterre Ginger, une chienne qu’il hébergeait : la loi britannique encadre strictement cette race.

Dans ses mémoires, il appelle ses deux mariages ratés « mon plus grand regret ». En 2023, il confiait à l’Irish Independent que sa relation avec ses enfants était « pratiquement inexistante », et qu’il avait « toujours fait passer [son] métier d’acteur avant [sa] famille ».

Sir Patrick Stewart

La reine Elizabeth II le fait officier de l’ordre de l’Empire britannique en 2001. Le 31 décembre 2009, la liste des honneurs du Nouvel An le nomme chevalier pour services rendus au théâtre. Il y figure aux côtés de Rick Parfitt et Francis Rossi, du groupe Status Quo.

Patrick Stewart, en costume noir et cravate, sur le tapis rouge d'une cérémonie, de profil, devant une foule de photographes.
Patrick Stewart aux Emmy Awards, en 2010, l'année de son anoblissement. Photo Thomas Atilla Lewis, CC BY 2.0.

La reine l’adoube à Buckingham Palace le 2 juin 2010. Patrick Stewart parle alors d’« un honneur inespéré », et dit devoir « littéralement tout » à Cecil Dormand, son ancien professeur d’anglais.

Ses engagements

Aux causes de Refuge et de Combat Stress s’est ajouté en janvier 2011 le parrainage de Dignity in Dying, qui milite pour une loi sur l’aide à mourir au Royaume-Uni. Il était aussi parrain de l’association britannique pour les Nations unies, UNA-UK.

Membre du Parti travailliste, il a fait campagne en 2016 pour le maintien dans l’Union européenne. Le 15 avril 2018, il était à Londres au lancement de People’s Vote, qui réclamait un nouveau référendum sur l’accord de Brexit. Il y glissait que Charles Xavier, lui, aurait voté pour rester.

Comédies, doublages et retour de Picard

En 2005, il joue son propre rôle, en version caricaturale, dans Extras, la série de Ricky Gervais. La même année, il double le seigneur Yupa dans la version anglaise de Nausicaä de la vallée du vent, de Hayao Miyazaki. Il devient aussi Avery Bullock, le directeur adjoint de la CIA dans American Dad!, un rôle qu’il garde jusqu’en 2026.

Seth MacFarlane, le créateur de la série, le prend ensuite comme narrateur de Ted, en 2012. Patrick Stewart prête aussi sa voix à l’émoji caca de The Emoji Movie, en 2017.

Il s’essaie au contre-emploi. Sur Starz, il tient le rôle principal de la série comique Blunt Talk en 2015 et 2016, qui lui vaut une nomination aux Golden Globes. En 2015, dans Green Room, de Jeremy Saulnier, il joue Darcy, le propriétaire d’une salle de concert néonazie et le chef des skinheads qui la tiennent. En 2019, on le retrouve en Bosley dans Charlie’s Angels et en Merlin âgé dans The Kid Who Would Be King.

Au printemps 2020, pendant le confinement, il lit un sonnet de Shakespeare par jour sur Instagram et Twitter. Il commence fin mars par le sonnet 116, puis reprend le recueil dans l’ordre. Il fait une pause en juin pour commencer ses mémoires, et finit le 3 octobre par le 154e, en smoking.

La même année, il reprend Jean-Luc Picard dans Star Trek: Picard, diffusée par CBS All Access puis Paramount+. Picard y est un amiral à la retraite, qui reprend du service. La série dure 3 saisons, jusqu’en 2023, et la dernière réunit l’équipage de The Next Generation.

Ses mémoires, Making It So, paraissent en 2023 chez Gallery Books. Il y raconte les violences de son enfance, et confie au Sydney Morning Herald : « J’aurais aimé que mon père voie ça. » Il y écrit aussi : « J’ai encore tant de personnages en moi qu’il faut que je laisse sortir. »

Trois personnes assises derrière une table, devant des micros et des affiches du Comic-Con de San Diego, dont Patrick Stewart au centre.
Alex Kurtzman, Patrick Stewart et Isa Briones présentent Star Trek: Picard au Comic-Con de San Diego, en 2019. Photo Gage Skidmore, CC BY-SA 2.0.

Le dernier film sorti de son vivant est The Sheep Detectives, en mai 2026, avec Hugh Jackman, où il prête sa voix à un bélier, Sir Ritchfield.

Patrick Stewart a appris son métier sur Shakespeare, et il l’a gardé en passant à la science-fiction. Picard et Xavier parlent avec la diction et l’autorité travaillées pendant 16 ans à la Royal Shakespeare Company, comme l’empereur d’Oblivion dès la scène d’ouverture. Le fils d’une tisserande et d’un père violent a mis sa notoriété au service des femmes battues et des anciens soldats. On l’entendra une dernière fois le 18 décembre, dans Avengers: Doomsday.

Questions fréquentes

De quoi est mort Patrick Stewart ?

Selon le communiqué diffusé par sa porte-parole le 29 octobre 2026, il est mort la veille chez lui, à Los Angeles, après un parcours « bref et poignant » avec la maladie d'Alzheimer et la démence à corps de Lewy. Il avait 86 ans et n'avait jamais parlé de sa maladie en public.

Quel est le dernier rôle de Patrick Stewart ?

Le professeur Charles Xavier dans Avengers: Doomsday, de Marvel Studios, aux côtés d'Ian McKellen en Magneto. Le film sort le 18 décembre 2026, après sa mort.

Pourquoi Patrick Stewart était-il appelé Sir ?

Il a été nommé chevalier dans la liste des honneurs du Nouvel An 2010, pour services rendus au théâtre, et la reine Elizabeth II l'a adoubé à Buckingham Palace le 2 juin 2010. Il était déjà officier de l'ordre de l'Empire britannique depuis 2001.

Quel lien unissait Patrick Stewart et Ian McKellen ?

Les deux acteurs se sont connus à la Royal Shakespeare Company et sont devenus amis sur le tournage de X-Men, en 2000. Ils ont joué En attendant Godot et No Man's Land ensemble, et McKellen a célébré son mariage avec Sunny Ozell le 7 septembre 2013.

Quels sont les rôles les plus connus de Patrick Stewart ?

Le capitaine Jean-Luc Picard dans Star Trek: The Next Generation (1987-1994), ses 4 films et la série Star Trek: Picard (2020-2023), et le professeur Charles Xavier dans les films X-Men, de 2000 à Avengers: Doomsday.

Dans quels jeux vidéo a joué Patrick Stewart ?

Il a prêté sa voix à l'empereur Uriel Septim VII dans The Elder Scrolls IV: Oblivion en 2006, rôle récompensé aux Spike Video Game Awards, et à Zobek dans Castlevania: Lords of Shadow en 2010 et dans sa suite en 2014. Il a aussi doublé Picard dans plusieurs jeux Star Trek.

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