Netflix a annoncé le 13 août la fermeture de Night School Studio, le studio californien d’Oxenfree. C’était le premier studio de jeu que l’entreprise avait racheté, en 2021. Le studio finlandais Moonloot ferme également, et d’autres postes disparaissent dans l’équipe interne.

Six semaines entre les félicitations et la fermeture
Le dernier jeu du studio s’appelle Unhinged. C’est un jeu d’horreur à la première personne, sorti fin juin. Il se joue dans un navigateur ou sur un téléviseur, avec le téléphone en guise de manette. Zoë Kravitz, Sadie Sink et Troy Baker y prêtent leur voix.
Netflix l’avait présenté comme l’un de ses lancements les plus réussis sur son service de jeu en nuage. Six semaines plus tard, l’entreprise ferme le studio qui l’a fait. Les deux affirmations sont difficiles à tenir ensemble, et Netflix n’a pas expliqué comment.
Night School Studio était le premier rachat de Netflix dans le jeu
L’acquisition remonte à septembre 2021, et elle avait valeur de symbole. Netflix entrait dans le jeu vidéo, et choisissait pour cela un studio d’auteur plutôt qu’un fabricant de jeux mobiles.
Oxenfree, paru en 2016, avait imposé une manière de faire parler les personnages. Les dialogues se déclenchent en marchant, puis se chevauchent. Ils se coupent enfin si le joueur ne répond pas. Beaucoup de jeux narratifs s’en sont inspirés depuis, dont Dispatch, que nous testions le mois dernier. Oxenfree II: Lost Signals avait suivi, publié par Netflix.
Moonloot ferme sans avoir rien sorti
L’autre studio concerné est Moonloot, installé à Helsinki. Netflix l’avait monté en interne en 2022, et il travaillait sur un jeu proche d’Animal Crossing. Aucun titre n’est jamais sorti.
Netflix reconnaît par ailleurs supprimer « quelques postes supplémentaires » dans son équipe jeu, sans avancer de chiffre. Le communiqué reste bref : « Le jeu reste pour nous une occasion d’élargir la variété des divertissements que nous proposons à nos membres, et nous adaptons l’organisation à ces priorités. »
Les nouvelles priorités contredisent la décision
Ces priorités sont connues, et c’est là que la décision devient étrange. Netflix dit vouloir se concentrer sur quatre familles :
- les jeux pour enfants
- les jeux de fête, à plusieurs sur un canapé
- les jeux narratifs
- les titres à large audience
Le troisième point mérite qu’on s’y arrête. Netflix annonce vouloir du récit, et ferme le seul studio de son catalogue dont c’était précisément la spécialité. On peut y lire une préférence pour les licences existantes plutôt que pour les créations originales. L’entreprise, cependant, ne le dit pas.
Une fermeture de plus dans une année qui en compte trop
Le secteur a rarement autant licencié. Nous avions consacré un dossier à Ninja Theory. C’était un autre studio d’auteur, fermé par un géant qui l’avait racheté pour son savoir-faire. Le schéma se répète donc : on achète une identité, puis on la met au service d’une plateforme. On la referme enfin quand la stratégie change.
Rien n’a filtré sur le sort des équipes, ni sur l’avenir des jeux du catalogue. Oxenfree et sa suite restent disponibles à l’achat sur les boutiques habituelles, indépendamment de Netflix.
Un studio de vingt personnes ne meurt pas d’avoir raté son jeu, cette fois. Il meurt d’avoir réussi dans une case que l’actionnaire a décidé de fermer. C’est plus difficile à expliquer aux équipes. Et plus difficile à croire, surtout, pour les studios que Netflix voudra convaincre la prochaine fois.




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