James Turner revient chez Pokémon, mais pas chez Game Freak

Le premier Occidental à avoir dessiné des Pokémon rejoint The Pokémon Company International comme directeur créatif de l’art et du design. Il avait quitté Game Freak en juin 2022 pour fonder son studio et coréaliser Le Vaillant Petit Page.

Un bureau d'enfant vu au ras du plateau, avec un château de carton, des fanions jaunes et violets, des piles de livres, des cubes en bois, une palette d'aquarelle et un réveil

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James Turner retrouve Pokémon. Il devient directeur créatif de l’art et du design chez The Pokémon Company International, trois ans après avoir quitté Game Freak en juin 2022.

James Turner, premier Occidental à avoir dessiné un Pokémon

Ce Britannique entre chez Game Freak avant la sortie de Pokémon Noir et Blanc, en 2010. Il y devient le premier Occidental à dessiner officiellement des Pokémon, et il y restera douze ans.

Il y monte jusqu’à la direction artistique, celle de Pokémon Épée et Bouclier en 2019. Il tenait donc déjà un poste de direction avant de partir.

Il quitte le studio le 9 juin 2022, cinq mois avant la sortie d’Écarlate et Violet, pour fonder le sien : All Possible Futures.

Je commence un nouveau rôle de directeur créatif de l’art et du design Pokémon chez The Pokémon Company International. Cela fait du bien de travailler à nouveau dans le monde de Pokémon.

James Turner, sur son compte X

De Sorbouboul à Ixon, douze ans de créatures

La liste de ses créations explique pourquoi son nom circule autant. Elle contient des créatures que les joueurs citent constamment, en bien comme en mal.

  • Cinquième génération : Sorbébé, Sorboul et Sorbouboul, puis Gringolem et Golemastoc, puis Vostourno et Vaututrice.
  • Sixième : Brocélôme et Desséliande.
  • Septième : Denticrisse, Mouscoto, Engloutyran, Vémini et Mandrillon.
  • Huitième : les Gigamax de Pikachu et d’Ectoplasma, Zigzaton et Linéon de Galar, Grillepattes et Scolocendre, Théffroi et Polthégeist, et Ixon.
  • Neuvième : les trois races du Tauros de Paldea, Oyacata et Nigirigon.

Sorbouboul, le cornet de glace à deux têtes, est l’un des Pokémon les plus moqués de la série. Ixon, l’évolution finale de Zigzaton et Linéon de Galar, est l’un des plus aimés. Les deux sont de la même main.

Game Freak ou The Pokémon Company : quelle différence ?

Il faut distinguer deux maisons que l’on confond souvent. Game Freak développe les jeux principaux, et c’est là que Turner dessinait des créatures. The Pokémon Company International gère la marque hors du Japon : les licences, les produits dérivés, la cohérence visuelle de tout ce qui porte le nom.

Son nouveau poste porte donc sur l’art et le design de la marque, pas sur le contenu du prochain jeu. Sa charge couvre la direction artistique d’un ensemble bien plus large que les créatures.

Un créateur venu du studio de développement revient donc encadrer l’image de la licence entière. Il a fabriqué lui-même les objets dont il devra défendre la cohérence.

Entre-temps, il a fait un jeu qui sort d’un livre

All Possible Futures a sorti Le Vaillant Petit Page le 17 septembre 2024, édité par Devolver Digital. Turner l’a coréalisé.

Le principe tient dans un geste. Le héros d’un livre illustré en sort, et se retrouve dans la chambre d’enfant où le livre est posé. Le jeu passe alors des aplats du dessin au volume du carton, des crayons et des cubes de bois.

Une double page de livre illustré sur fond jaune, des arbres ronds turquoise, une maison à coupole bleue et la phrase « le volume était poussé à fond »
Dans le livre, tout est en aplats, et la page se tourne comme un niveau.
Un dessin plat collé sur la paroi d'un château de carton, où un petit personnage frappe un ennemi, entre une pièce d'échecs noire et des trombones colorés posés sur le bureau
Un dessin collé sur un château de carton devient un niveau jouable à son tour.

Le jeu a été salué pour cette idée, et sa sortie a rappelé que Turner n’était pas seulement un dessinateur de créatures. Il a coréalisé un jeu entier, avec ce que cela suppose de décisions de conception.

James Turner rejoint The Pokémon Company International comme directeur créatif de l’art et du design. Il ne retourne pas chez Game Freak, et cette distinction est toute l’information : il quitte le dessin de créatures pour l’image de la licence.

L’homme qui a donné à la série son cornet de glace le plus moqué et son blaireau le plus aimé veille désormais sur son image hors du Japon. Peu de gens connaissent aussi bien ce qu’ils auront à défendre.

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