Memoirium sort aujourd’hui sur PC. C’est typiquement la sortie qu’un 13 août avale sans bruit. Un soulslike rétro, un développeur seul derrière, et un monde de rêve qui se défait à mesure qu’on le traverse. Pourtant, son financement raconte quelque chose de plus large sur l’état de l’industrie.
Le rêve de Memoirium n’obéit à aucune logique
Le studio GoldenGratus assume le principe sans détour. Dans ce monde onirique, rien ne répond aux lois ordinaires de la logique. La fiche Steam donne l’exemple le plus parlant. Vous vous tenez dans une école du XXIe siècle, puis vous faites face à un château de cire. Vous incarnez un rêveur égaré, et il s’agit de sortir de là.

Deux mécaniques sortent du lot. L’équipement ne modifie pas seulement vos capacités. Il change également les entités que vous croisez. Une pièce d’armure joue sur la durée des malus. Un masque donné, lui, modifie la façon dont les ennemis vous affrontent.

Ensuite, les consommables ne disparaissent pas à l’usage. Ils se régénèrent intégralement à certains moments du parcours. Retrouver plusieurs fois le même objet l’améliore, mais jusqu’à une limite seulement. Le jeu mentionne enfin une chambre, quelque part dans ce rêve, sans en dire davantage.
Vingt millions de dollars venus d’Among Us
Sur la fiche Steam, deux noms figurent à l’édition. GoldenGratus, donc, et Outersloth. Ce second nom mérite qu’on s’y arrête. C’est le fonds créé par Innersloth, le studio d’Among Us. Sa mission tient en une ligne : financer des jeux qui ne sont pas les siens.
Les chiffres sont publics. Près de vingt millions de dollars engagés sur vingt-quatre jeux. Le modèle est celui de la récupération d’investissement. Outersloth prélève la moitié des revenus jusqu’à récupérer sa mise, puis quinze pour cent ensuite.
Innersloth insiste par ailleurs sur un point. Le fonds ne revendique ni crédit, ni autorité, ni droit sur le jeu qu’il finance. Il se décrit comme un fonds, non comme un éditeur. Victoria Tran, qui s’occupe de sa communication, résume l’intention par la volonté de rendre l’industrie plus soutenable.
Le contraste est difficile à ignorer. Cet été, les grands groupes annonçaient leur vague de licenciements. Pendant ce temps, l’argent d’un jeu sorti en 2018 par une équipe de trois personnes maintient à flot deux douzaines de studios minuscules.
« No generative AI was used »
La phrase est de Paolo Villanueva, fondateur de GoldenGratus. Elle accompagnait l’annonce de la date de sortie : « No generative AI was used. This is a passion project that showcases my love of the soulslike genre. » Aucune IA générative, donc, et un projet passion né de l’amour du genre. Sur un magasin où Valve laisse passer les vignettes générées par IA sans exiger la moindre mention, la précision n’est pas décorative. Elle sert d’argument de vente.

Côté pratique, Memoirium se joue en solo sur PC, sous Windows uniquement. Son interface est proposée en anglais, espagnol, japonais, coréen, portugais du Brésil et chinois simplifié. Il n’y a pas de version française. Une démonstration gratuite est disponible sur Steam.
Un soulslike de plus, dira-t-on, et c’est vrai. Memoirium arrive cependant avec deux choses que la plupart n’ont pas. Un monde qui refuse la cohérence géographique, là où le genre carbure d’habitude aux châteaux et aux marécages. Et un financement qui prouve qu’un développeur seul peut encore sortir son jeu sans hypothéquer sa vie. Reste à savoir si le rêve tient sur la durée. Seuls les joueurs de ce soir le diront.




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