DROWSE, le deuil en heures supplémentaires

Quelques photocopies, puis on rentre. C’est la promesse de DROWSE, premier jeu d’un studio de deux personnes, disponible depuis le 8 octobre sur PC. Derrière la soirée de bureau des années 90, une histoire d’horreur psychologique qui parle d’un sujet que le jeu vidéo aborde rarement : la perte d’un chien.

Un open space des années 90 : cloisons beiges, un écran cathodique et une tour d’ordinateur dans un box, néons allumés au plafond.
Les bureaux où commence la soirée. MILKY COCO GAMES.

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Bande-annonce

Une soirée qui devait être simple

Un bipeur tenu au premier plan affiche un message sur son écran vert, devant une salle de réunion avec une grande table en bois et un écran de projection.
Le bipeur sert de fil rouge : c’est par lui qu’arrivent les consignes. MILKY COCO GAMES.

Andrew ne s’en remet pas. Son chien, Oxmo, n’est plus là, et l’appartement paraît soudain trop grand. DROWSE suit 2 heures de sa vie, un soir, au bureau. Le travail remplit les journées, mais chaque geste du quotidien lui coûte un peu plus.

Une collègue lui demande un service : passer au bureau récupérer ses documents, en faire des copies, et rentrer. Rien de plus.

Le jeu démarre sur cette banalité assumée. On allume l’ordinateur, on se prépare un café, on cherche du papier pour le photocopieur, dans des bureaux vides et silencieux. Le décor est celui des années 90, avec son matériel de bureau et ses cassettes audio. Surtout, il y a le bipeur : c’est le fil rouge de la partie, et c’est par lui qu’arrivent les messages qui guident Andrew.

Puis les petits dérèglements s’accumulent. Un téléphone sonne alors que personne ne devrait appeler, un bruit vient d’une pièce vide, un couloir ne ressemble plus tout à fait à celui qu’Andrew traverse tous les jours. Le jeu joue sur cette lente dérive, jusqu’à ne plus savoir très bien où l’on se trouve, ni à quel moment de sa vie.

Un bureau, un appartement et une clinique vétérinaire

Un salon dans la pénombre, parquet et tapis, une table basse couverte de photos et de petits objets, une balle rouge posée au sol.
L’appartement d’Andrew, l’un des trois lieux du jeu avec le bureau et la clinique vétérinaire. MILKY COCO GAMES.

L’histoire ne reste pas cantonnée à l’open space. Andrew passe aussi par son appartement, et surtout par une clinique vétérinaire, avec ses étages, sa salle d’opération et une clé médicale à retrouver. C’est là que se nouent, on le devine, les souvenirs les plus douloureux liés à Oxmo. Un certain docteur Harris y intervient, au fil de conversations sur des symptômes qui persistent et des médicaments qui ne semblent pas faire effet.

Cette piste médicale donne au jeu son ambiguïté. Les cauchemars d’Andrew relèvent-ils du surnaturel, du chagrin ou de son traitement ? DROWSE se garde bien de trancher trop vite. Le jeu propose au moins deux fins, et la seconde a été clarifiée par une mise à jour quelques jours après la sortie.

Fouiller, lire, écouter

Une lampe de bureau allumée éclaire une feuille posée sur une tablette, seul point de lumière dans une pièce noire.
Les énigmes tiennent à l’environnement : des codes à retrouver, des objets à utiliser au bon endroit. MILKY COCO GAMES.

Le gameplay suit la tradition des jeux d’horreur narratifs à la première personne, ceux qui préfèrent l’exploration aux affrontements. On ouvre les tiroirs, on examine les objets, on lit les notes laissées par d’autres, on écoute des messages enregistrés jusqu’au bout. Des photos, des effets personnels et des cassettes reconstituent peu à peu la vie d’Andrew, et ce qu’Oxmo y occupait.

Les énigmes restent liées à l’environnement : des codes à retrouver, des objets à utiliser au bon endroit. Un cadenas de casier demande de maintenir chaque chiffre jusqu’à entendre un déclic, une roue de loterie attend à la clinique. Le jeu ne tient pas la main, et c’est un choix, même si certaines indications ont dû être précisées après la sortie. Quelques apparitions brutales ponctuent l’aventure, sans que le jeu repose sur elles : l’essentiel de la tension vient du malaise, pas du sursaut.

L’aventure est courte, de l’ordre de 2 heures pour en voir le bout. Pour un premier jeu, ce format resserré a du sens : il laisse au récit le temps de poser son ambiance sans s’étirer.

Deux développeurs et une semaine de correctifs

MILKY COCO GAMES est un tout petit studio : deux développeurs autodidactes. Brice Ombel, que les spectateurs de Twitch connaissent sous le pseudonyme Khoticeres, et Sébastien Souiket. DROWSE est leur premier jeu, et le studio dit vouloir creuser une horreur d’atmosphère, ancrée dans les années 90.

La première semaine a été studieuse : 4 mises à jour en 7 jours. Elles corrigent et ajoutent ceci.

  • un blocage dans l’appartement après un appel téléphonique
  • plusieurs messages du bipeur et de la télévision du bureau, rendus plus clairs
  • l’accès à l’étage de la clinique, facilité
  • les chances de gagner à la roue, doublées
  • de nouvelles langues

Le jeu est traduit dans une douzaine de langues, dont le français.

Le studio a aussi joué la transparence sur un point sensible. Sa fiche Steam indique que l’intelligence artificielle a servi à générer les icônes de ses succès et certaines langues. Les deux développeurs invitent les joueurs qui voudraient les aider à remplacer ces contenus, gratuitement, à les contacter sur Discord ou par courriel. Le studio a par ailleurs noué une collaboration avec le streamer français Linca, autour d’un habillage de bipeur à ses couleurs.

DROWSE n’a pas les moyens d’un grand jeu d’horreur, et il ne fait pas semblant. Sa force est ailleurs : un sujet intime, rarement traité, et une manière de faire basculer le plus banal des décors de bureau dans le cauchemar d’un homme qui n’arrive pas à faire son deuil. L’ensemble reste modeste, court et classique dans ses mécaniques, celles d’un jeu d’exploration narratif où l’on fouille plus qu’on ne survit, et les premiers ajustements montrent que tout n’était pas parfaitement calé au lancement. Pour une soirée d’octobre, et pour tous ceux qui ont un jour perdu un compagnon à quatre pattes, c’est une jolie découverte, signée par un duo à suivre.

Questions fréquentes

Combien de temps dure DROWSE ?

Environ 2 heures pour en voir le bout. Le jeu propose au moins deux fins.

Sur quelles plateformes DROWSE est-il disponible ?

Sur PC uniquement, via Steam, depuis le 8 octobre 2026.

DROWSE est-il en français ?

Oui. Le jeu est traduit dans une douzaine de langues, dont le français. Le studio indique sur sa fiche Steam que l’intelligence artificielle a servi à générer les icônes de ses succès et certaines langues.

DROWSE fait-il peur ?

Quelques apparitions brutales ponctuent l’aventure, mais la tension vient surtout du malaise. C’est de l’horreur psychologique, pas un jeu à sursauts.

Qui développe DROWSE ?

MILKY COCO GAMES, un studio de deux développeurs autodidactes, Brice Ombel, alias Khoticeres sur Twitch, et Sébastien Souiket. C’est leur premier jeu.

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